Julien Dray adresse ses conseils à Benoît Hamon Crédits photo : Poree Audrey/ABACA

Au lendemain du meeting conquérant à Bercy, qui a réuni 15.000 personnes, le socialiste Julien Dray devrait se réjouir. Au lieu de ça, le conseiller régional ne dissimule pas son amertume et prodigue sur RTL, ses conseils à Benoît Hamon. Alors que la journaliste évoque «la mission réussie» du meeting de la veille, Julien Dray tempère: «mission réussie, je ne sais pas…». L’ancien soutien de Vincent Peillon à la primaire estime qu’il y a désormais des «conditions à respecter» pour que Benoît Hamon puisse mener sa campagne avec l’appui des troupes PS.

Loin de lui, dit-il, l’idée de «faire des croche-pieds» au candidat. Au contraire, Julien Dray lui délivre ses conseils en quatre points. Pour l’ancien député, la priorité est le «combat frontal contre la droite et l’extrême droite». Dans un second temps, Julien Dray appelle Benoît Hamon à «rassembler» et à revendiquer «la fierté d’avoir exercé le pouvoir». Il en profite pour inciter le vainqueur de la primaire de la gauche «à moins de comportements caporalistes» et à donner «plus de réponses politiques». Celui qu’Alexis Corbière nomme le «M. anti-Mélenchon du PS» consacre son troisième point au leader de la France insoumise. Julien Dray veut «mettre Jean-Luc Mélenchon devant sa responsabilité», et appelle Benoît Hamon à briser le «pacte de non-agression» officieusement conclu avec lui. Enfin, Julien Dray somme Benoît Hamon de ne «pas considérer qu’Emmanuel Macron est le pire adversaire dans cette campagne».

Julien Dray ne digère toujours pas l’accord conclu avec les Verts

Julien Dray, qui reconnaît s’être fait «discret» ces dernières semaines, se montre très amer depuis la désignation de Benoît Hamon par les électeurs de la primaire. Au moment de l’accord du candidat PS avec EELV, il publiait un message sur sa page Facebook dans lequel il réprouvait violemment les termes du contrat: «Un groupe a pris en otage le candidat désigné par deux millions d’électeurs … Pour permettre à tous ses sortants d’avoir une circonscription électorale. Cela porte un nom … “une nouvelle manière de faire de la politique”, paraît-il».

Le retrait du candidat EELV, Yannick Jadot, s’est fait, notamment, sous condition de réserver certaines circonscriptions électorales aux députés sortants de son parti. La partie volatile du PS, qui hésite entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon, voit dans l’accord avec EELV le point de départ du «sectarisme» dénoncé par Manuel Valls. Dans l’accord signé avec Yannick Jadot figurent notamment l’abandon de la loi Travail, la fin du projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure ou le renoncement au projet de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes.

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